Le Stade tête haute

Diapo photos : Stéphane Icart

Certes le match s’est conclu par une défaite, mais pendant 70 minutes, les Bagnérais ont tenu la dragée haute à une équipe de Nevers annoncée comme l’épouvantail de la Fédérale 1. Peut-être les Nivernais ont fait preuve d’un peu de suffisance mais c’est surtout la saine agressivité de Brua et sa suite qui semble avoir déstabilisé le groupe visiteur.

Pas de placage manqué, des groupés contrés, c’est au pied que les Nivernais ont commencé à construire leur bas de laine. Très vite, l’arbitre donnait l’occasion à Duvallet de faire la démonstration de son talent de buteur, d’abord sur un plongeon « noir », puis sur une mêlée écroulée (la faute à qui?). Après un échec de Malaguradze, c’est Bats qui ouvrait le compteur pour Bagnères (3-6, 25e). La différence jusqu’à la mi-temps se faisait sur la réussite des buteurs. Duvallet se montrait plus adroit que Bats et le score de 9-3 après 40 minutes aurait mérité d’être de parité.

On pouvait craindre que la seconde période ne soit difficile pour les hommes de Marc Dantin, Patrick Bentayou et Christophe Schneider. Ce sont eux au contraire qui mettaient la pression pour revenir très vite à 9-9. Mais sur une action à plusieurs temps de jeu, Viazzo trouvait la faille pour aller derrière la ligne. A ce moment-là, Malaguradze était sur le banc sanctionné d’un carton blanc. Le début de la fin pour nos Bigourdans? Pas du tout. Dans la suite du renvoi, Gélédan chargeait, relayé par Cazorla puis Simon et c’est encore Gélédan qui se trouvait à la conclusion. Du travail bien fait où le dynamisme « noir » avait fait merveille. C’est ensuite Malaguradze qui avait l’occasion de placer les siens en tête. D’abord sur une pénalité, puis sur une interception qui lui ouvrait la porte de l’en-but. Un petit manque de vitesse l’obligeait à délivrer un petit coup de pied pour Jourdan mais c’est Autagavaia qui pouvait dégager et dans la continuité de l’action, les Bagnérais géraient mal la remontée de balle. L’efficacité nivernaise se traduisait par un essai de Maya transformé par Duvallet. L’ouvreur visiteur rajoutait trois points quand les jambes « noires » se faisaient un peu plus lourdes. Ce qui n’empêchait pas une belle réaction d’orgueil de Brua et sa troupe. Une pénalité jouée à la main finissait à quelques centimètres de la ligne. Dommage, la récompense du travail effectué aurait été méritée.

Le Stade Bagnérais a bien répondu à l’attente de ses supporters. On a vu une équipe vaillante, brillante par instants et qui a su jouer les yeux dans les yeux avec un adversaire qui faisait trembler. Les Nivernais vont devoir montrer un tout autre appétit s’ils ne veulent pas connaître de déboire dans la course à la montée. Premier élément de réponse avec le match retour en terre nivernaise. Les Bagnérais auront sûrement à coeur d prouver que le rugby haut-pyrénéen a de belle valeurs.

On n’oubliera pas la séquence émotion quand à la fin du match Guyon et Cossou ont quitté le stade Marcel Cazenave sur les épaules de leur coéquipiers les yeux rougis. Leur carrière s’arrête là, ils auront bien aidé le Stade Bagnérais à retrouver sa place dans l’élite amateur.

Jacques Terrée

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